Bruxelles veut accélérer la numérisation du patrimoine culturel
La Commission européenne vient d'adopter une recommandation invitant les États membres à intensifier leurs efforts, à mettre en commun leurs ressources et à faire appel au secteur privé pour mener à bien la numérisation du matériel culturel.
L'objectif est de rassembler 30 millions de contenus d'ici 2015 (contre 19 millions à l'heure actuelle).
La France devrait être le deuxième plus important contributeur à ce projet avec plus de 4 millions de contenus numérisés selon l'objectif fixé par cette nouvelle recommandation. La France se classera ainsi juste derrière l'Allemagne avec 5,5 millions de contenus.
Pour atteindre ces objectifs, la recommandation invite les états membres à :
- mettre en place des plans d'investissement rigoureux en matière de numérisation et encourager les partenariats public-privé pour le partage des coûts de la numérisation.
- mettre à disposition dans Europeana 30 millions d'objets d'ici 2015, notamment tous les chefs-d'œuvre européens qui ne sont plus protégés par des droits d'auteur, et tout le matériel numérisé grâce à des fonds publics
- mettre en ligne davantage de matériel couvert par un droit d'auteur, par exemple en créant le cadre juridique propre à permettre une numérisation à grande échelle et à rendre accessibles par-delà les frontières des œuvres qui ne sont plus disponibles dans le commerce
- renforcer leurs stratégies et adapter leur législation pour permettre la conservation à long terme du matériel numérique déposé
La nouvelle recommandation actualise une recommandation de 2006. Elle s'appuie sur les rapports d'avancement des États membres de 2008 et 2010 selon lesquels, si des progrès ont été accomplis, des mesures supplémentaires sont encore nécessaires en ce qui concerne les ressources financières, les objectifs quantitatifs de numérisation et la fourniture d'un appui solide à Europeana.
La numérisation de ces contenus ne garantit pas qu'ils seront tous accessibles mais il s'agit d'un premier pas nécessaire. Il existe ensuite des dispositifs, comme c'est le cas en France, qui permettent aux associations de personnes en situation de handicap d'accéder aux ouvrages en version numérique afin d'en réaliser des versions adaptées.

