L’accessibilité numérique n’est pas une question de bons sentiments

Lutter contre l'exclusion sociale et professionnelle

Ne pas avoir accès à Internet, et plus largement aux contenus numériques, est aujourd’hui un facteur d’exclusion sociale et professionnelle.
Ce risque menace en particulier les personnes handicapées qui utilisent des ordinateurs spécifiques, munis de claviers spéciaux, d’afficheurs braille, de souris adaptées, de synthétiseurs de parole, etc… Pour être utilisable sur ces systèmes, l’information numérique doit respecter des règles de conception la rendant réellement « accessible à tous».
Afin de diffuser la connaissance théorique et pratique de ces règles deux établissements publics, l’Institut National de recherche en informatique et en automatique et Universcience ont décidé de créer, avec l’association BrailleNet, l’Institut de l’Accessibilité Numérique (IAN).

Aller au-delà du dispositif règlementaire

L’article 47 de la loi du 11 février 2005 impose que les services de communication publique en ligne des services de l’État, des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent soient rendus accessibles aux personnes handicapées. Cependant faute de dispositif concret d’application, l’effet de cette loi en ce qui concerne l’accessibilité numérique est infime au regard des attentes, des besoins de personnes et des entreprises.

Mobiliser les initiatives et les compétences

L’IAN a pour vocation de mobiliser les initiatives et les compétences afin de construire le dispositif pour que l’accessibilité numérique soit mise en œuvre de façon efficace.
En ce sens, l’IAN insiste sur la nécessité de :

  • Considérer que l'accessibilité numérique concerne tous les handicaps
  • Traiter la question de l'accessibilité numérique en amont, en l'incluant dans la formation générale des responsables techniques et en la prenant en compte dès les premières phases de conception
  • Reconnaître le travail des organismes internationaux tels le consortium W3C concernant l'accessibilité du Web, ou le consortium Daisy concernant l’accessibilité des documents  et d'appliquer leurs standards
  • Diffuser les bonnes pratiques et la culture de l'accessibilité numérique, à tous les niveaux de la société

L'accessibilité numérique n'est pas une question de bons sentiments. Nous devons veiller à développer les outils nécessaires à sa mise en œuvre et nous assurer que chacun est suffisamment formé pour savoir les utiliser. Alors, l'accès à l'information pour tous deviendra une réalité.

Dominique Burger, président de BrailleNet